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AURORE

bien il était difficile, à Athènes, de parler de façon à gagner les auditeurs à une cause, sans les repousser par la forme, ou sans les éloigner de la cause avec la forme ! Combien il est encore difficile en France d’écrire de la même façon.

269.

Les malades et l’art. — Contre toute espèce de tristesse et de misère de l’âme il faut avant tout essayer un changement de régime et un dur travail corporel. Mais les hommes ont l’habitude dans ce cas de recourir à des procédés d’enivrement : par exemple à l’art, — pour leur malheur et aussi pour celui de l’art ! Ne remarquez-vous pas que si vous recourez à l’art, en tant que malades, vous rendez l’art malade ?

270.

Tolérance apparente. — Voilà de bonnes paroles, bienveillantes et compréhensives, sur la science et en faveur de la science, mais ! mais ! je regarde derrière votre tolérance à l’égard de la science ! Dans un coin de votre cœur vous pensez, malgré tout cela, qu’elle ne vous est pas nécessaire, que c’est de votre part de la grandeur d’âme de l’admettre et d’être même son avocat, d’autant plus que la science n’a pas, de son côté, cette magnanimité à l’égard de votre opinion ! Savez-vous que vous n’avez aucun droit à exercer cette tolérance ? que ce geste de condescendance est une plus grossière atteinte à l’honneur de la science que le franc dédain que se