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AURORE

tion d’un peuple se relâche, un penchant naît en lui de se faire représenter ses légendes sur la scène, il supporte les grossiers remplaçants de l’imagination, — mais pour l’époque à laquelle appartient le rhapsode épique, le théâtre et le comédien déguisé en héros sont une entrave au lieu d’une aile de l’imagination : ils sont trop près, trop définis, trop lourds, trop peu rêve et vol d’oiseau.

266.

Sans grâce. — Il manque de grâce et il le sait : Oh ! comme il s’entend à masquer cela ! Par une vertu sévère, par le sérieux du regard, par une méfiance acquise à l’égard des hommes et de l’existence, par des tours grossiers, par le mépris d’un genre de vie raffiné, par le pathos et les exigences, par une philosophie cynique, — oui il a même su devenir un caractère dans la conscience continuelle de ce qui lui manquait.

267.

Pourquoi si fier ! — Un caractère noble se distingue d’un caractère vulgaire par le fait qu’il n’a pas à sa portée, comme celui-ci, un certain nombre d’habitudes et de points de vue, le hasard veut qu’ils ne lui soient venus ni par héritage, ni par éducation.

268.

Charybde et Scylla chez l’orateur. — Com-