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AURORE

contre, descendent de races réfléchies et solides, qui ont placé bien haut la raison, — que ce soit à des fins louables ou mauvaises, cela a moins d’importance.

248.

Simulation par devoir. — La bonté a été le mieux développée par une simulation persistante qui cherche à être de la bonté : partout où existait une grande puissance on se rendait compte de la nécessité particulière de cette espèce de simulation, — elle inspire la sécurité et la confiance, et centuple la somme réelle de puissance physique. Le mensonge est, sinon le père, du moins le nourricier de la bonté. De même l’honnêteté a été formée le plus par l’exigence d’un semblant d’honnêteté et de probité : dans l’aristocratie héréditaire. De l’exercice persistant d’une simulation finit par naître la nature : la simulation, à la longue, se supprime elle-même, des organes et des instincts sont les fruits inattendus dans le jardin de l’hypocrisie.

249.

Qui donc est jamais seul ! — L’homme craintif ne sait pas ce que c’est que d’être seul ; derrière sa chaise il y a toujours un ennemi. — Ah ! qui donc saurait nous raconter l’histoire de ce sentiment subtil qui s’appelle la solitude !

250.

La nuit et la musique. — Ce n’est que dans la