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AURORE


243.

Les deux courants. — Si nous essayons de considérer le miroir en soi, nous finissons par y trouver seulement les objets que nous y voyons. Si nous voulons saisir ces objets nous revenons à ne voir que le miroir. — Ceci est l’histoire générale de la connaissance.

244.

Le plaisir que cause la réalité. — Notre penchant actuel à trouver du plaisir dans la réalité — nous l’avons presque tous — ne peut se comprendre autrement qu’en admettant que nous avons longtemps, et jusqu’à la satiété, trouvé notre plaisir dans l’irréalité. Ce penchant, tel qu’il se présente maintenant, sans choix et sans finesse, n’est pas dépourvu de danger : — son moindre danger, c’est le manque de goût.

245.

Subtilité du sentiment de puissance. — Napoléon enrageait de parler mal et sur ce chapitre ne se mentait pas à lui-même : mais son désir de dominer qui ne méprisait aucune occasion de se manifester et qui était plus subtil que son esprit subtil, l’amena à parler encore plus mal qu’il ne le pouvait. C’est ainsi qu’il se vengeait de sa propre colère (il était jaloux de toutes ses passions, parce qu’elles avaient de la puissance) pour jouir de son bon