Ouvrir le menu principal
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
256
AURORE

que bien pire que la nôtre : voilà pourquoi nous avons besoin de nous accommoder commodément le but d’un drame de Shakespeare, c’est-à-dire de ne le point comprendre.

241.

Crainte et intelligence. — Si ce que l’on affirme maintenant expressément est vrai, qu’il ne faut pas chercher dans la lumière la cause du pigment noir de la peau : ce phénomène pourrait peut-être rester le dernier effet de fréquents accès de rage accumulés pendant des siècles (et d’afflux de sang sous la peau) ? Tandis que, chez d’autres races plus intelligentes, le phénomène de pâleur et de frayeur, tout aussi fréquent, aurait fini par produire la couleur blanche de la peau ? — Car le degré de crainte est une mesure de l’intelligence : et le fait de s’abandonner souvent à une colère aveugle est le signe que l’animalité est encore toute proche et voudrait de nouveau se faire prévaloir, — gris-brun, ce serait peut-être là la couleur primitive de l’homme, — quelque chose qui tient du singe et de l’ours, comme de juste.

242.

Indépendance. — L’indépendance (appelée « liberté de pensée » dans sa dose la plus faible) est la forme de renoncement que l’esprit dominateur finit par accepter, — lui qui a longtemps cherché ce qu’il pourrait dominer et qui n’a pas trouvé autre chose que lui-même.