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AURORE

driez éternellement être à charge à l’éternelle existence universelle ! Y a-t-il quelque chose de plus importun ? — Mais, en fin de compte, soyons indulgents à l’égard d’un être de soixante-dix ans ! — Il n’a pas pu exercer son imagination à dépeindre son propre « ennui éternel », — le temps lui a manqué pour cela !

212.

En quoi l’on se connaît. — Dès qu’un animal en voit un autre il se mesure en esprit avec lui, et les hommes des époques sauvages font de même. Il s’en suit que presque chaque homme n’apprend à se connaître que par rapport à sa force d’attaque et de défense.

213.

Les hommes de la vie manquée. — Les uns sont pétris d’une telle matière qu’il est permis à la société de faire d’eux ceci ou cela : à tous égards ils s’en trouveront bien et n’auront pas à se plaindre d’une vie manquée. Les autres sont pétris d’une matière trop spéciale — point n’est besoin que ce soit une matière particulièrement noble, mais seulement une matière plus noble — pour qu’il leur soit possible de ne pas se sentir mal à l’aise, sauf dans un seul cas, celui où ils pourraient vivre conformément aux seules fins qu’il leur est possible d’avoir. Car tout ce qui apparaît à l’individu comme une vie manquée, mal réussie, tout son fardeau de