Ouvrir le menu principal
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
214
AURORE

y avoir de la sagesse à ne pas le savoir. — « Convenu : mais c’est un manque de fierté de ne pas même s’en informer ; notre civilisation ne rend pas les hommes fiers. » — Tant mieux ! — « Est-ce vraiment tant mieux ? »

197.

L’inimitié des Allemands contre le rationalisme. — Passons en revue les contributions que, par leur travail intellectuel, les Allemands de la première moitié de ce siècle ont apportées à la culture générale. En premier lieu les philosophes allemands : ils sont revenus au degré primitif de la spéculation, car ils se satisfaisaient de concepts au lieu d’explications, pareils aux penseurs des époques de rêve — une espèce de philosophie préscientifique fut ranimée par eux. En deuxième lieu les historiens et les romantiques allemands : leurs efforts généraux visèrent à remettre en honneur des sentiments anciens et primitifs, surtout le christianisme, l’âme populaire, les légendes populaires, les idiomes populaires, le moyen-âge, l’ascétisme oriental, l’hindouisme. En troisième lieu les savants : ils luttèrent contre l’esprit de Newton et de Voltaire, ils essayèrent de redresser, comme Gœthe et Schopenhauer, l’idée d’une nature divinisée ou diabolisée, et la signification toute morale et symbolique de cette idée. La grande tendance générale des Allemands est allée contre le rationalisme et aussi contre la Révolution de la société qui, par un grossier malentendu, fut considérée comme