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AURORE

ments et tout ce qui se passe du matin au soir dans l’atelier, au ciel et dans la nature, à des milliers de problèmes, de problèmes suppliciants, humiliants, irritants, — pour montrer alors à notre désir que nous avons avant tout besoin d’un savoir mathématique et mécanique, et nous enseigner ensuite le premier ravissement scientifique que procure la logique absolue de ce savoir ! Que ne nous a-t-on enseigné, ne fût-ce que le respect devant ces sciences ; que n’a-t-on fait trembler d’émotion notre âme, rien qu’une seule fois, devant les luttes, les défaites, les reprises de combat des grands hommes, devant le martyrologe qu’est l’histoire de la science pure ! Au contraire, nous étions saisis d’un certain mépris en face des sciences véritables, en faveur des études « historiques », de l’ « instruction propre à développer l’esprit » et du « classicisme » ! Et nous nous sommes laissés tromper si facilement ! Instruction propre à développer l’esprit ! N’aurions-nous pas pu montrer du doigt les meilleurs professeurs de nos lycées et demander en riant : « Où est donc là l’instruction propre à développer l’esprit ? Et si elle manque, comment sauraient-ils l’enseigner ? » Et le classicisme ! Avons-nous appris quelque chose de ce que justement les Grecs enseignaient à leur jeunesse ? Avons-nous appris à parler comme eux, à écrire comme eux ? Nous sommes-nous exercés, sans trêve, dans l’escrime de la conversation, dans la dialectique ? Avons-nous appris à nous mouvoir avec beauté et fierté, comme eux, à exceller dans la lutte, au jeu, au pugilat, comme eux ? Avons-nous appris quelque chose de l’ascé-