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AURORE


187.

Un avenir possible. — Ne pourrait-on pas imaginer un état social où le malfaiteur se déclarerait lui-même coupable, se dicterait publiquement, à lui-même, sa peine, avec le sentiment orgueilleux qu’il honore la loi qu’il a faite lui-même, qu’il exerce sa puissance en se punissant, la puissance du législateur ; il peut une fois faillir, mais par sa punition volontaire il s’élève au-dessus de son délit, il efface non seulement le délit, par sa franchise, sa grandeur et sa tranquillité, il y ajoute encore un bienfait public. — Ce serait là le criminel d’un avenir possible, le criminel qui pose, il est vrai, comme condition, l’existence d’une législation de l’avenir, avec l’idée fondamentale : « Je me soumets seulement à la loi que j’ai promulguée moi-même, dans les grandes et dans les petites choses. » Il y a bien des tentatives qui devraient encore être faites ! Bien des avenirs qui devraient être apportés à la lumière !

188.

Ivresse et nutrition. — Les peuples sont trompés à un tel point parce qu’ils cherchent toujours un imposteur, c’est-à-dire un vin excitant pour leurs sens. Pourvu qu’ils puissent avoir ce vin-là, ils se contenteront de pain médiocre. L’ivresse leur est plus que la nourriture, — voilà l’amorce où ils se laisseront toujours prendre ! Que sont pour eux les hommes choisis dans leurs milieu — fussent-ils