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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra (trad. Albert, 1903).djvu/81

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Est honorable ce qui lui semble difficile ; ce qui est indispensable et difficile, s’appelle bien. Et ce qui délivre de la plus profonde détresse, cette chose rare et difficile, — est sanctifiée par lui.

Ce qui le fait régner, vaincre et briller, ce qui excite l’horreur et l’envie de son voisin : c’est ce qui occupe pour lui la plus haute et la première place, c’est ce qui est la mesure et le sens de toutes choses.

En vérité, mon frère, lorsque tu auras pris conscience des besoins et des terres d’un peuple, lorsque tu connaîtras son ciel et son voisin : tu devineras aussi la loi qui régit ses victoires sur lui-même, et tu sauras pourquoi c’est sur tel degré qu’il monte à ses espérances.

« Il faut que tu sois toujours le premier et que tu dépasses les autres : ton âme jalouse ne doit aimer personne, si ce n’est l’ami » — ceci fit tremble l’âme d’un Grec et lui fit gravir le sentier de la grandeur.

« Dire la vérité et savoir bien manier l’arc et les flèches » — ceci semblait cher, et difficile en même temps, au peuple d’où vient mon nom — ce nom qui est en même temps cher et difficile.

« Honorer père et mère, leur être soumis jusqu’aux racines de l’âme » : cette table des victoires sur soi-même, un autre peuple la suspendit au-dessus de lui et il devint puissant et éternel.

« Être fidèle et, à cause de la fidélité, donner son sang et son honneur, même pour des choses mauvaises et dangereuses » : par cet enseignement un