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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra (trad. Albert, 1903).djvu/443

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et de maximes fortifiantes : ne permets pas que, pour le dessert, les esprits de mollesse, les esprits efféminés nous surprennent de nouveau !

Toi seul, tu sais rendre autour de toi l’air fort et pur ! Ai-je jamais trouvé sur la terre un air aussi pur, que chez toi dans ta caverne ?

J’ai pourtant vu bien des pays, mon nez a appris à examiner et à évaluer des airs multiples : mais c’est auprès de toi que mes narines éprouvent leur plus grande joie !

Si ce n’est, — si ce n’est — ô pardonne-moi un vieux souvenir ! Pardonne-moi un vieux chant d’après dîner que j’ai jadis composé parmi les filles du désert.

Car, auprès d’elles, il y avait aussi de bon air clair d’Orient ; c’est là-bas que j’ai été le plus loin de la vieille Europe, nuageuse, humide et mélancolique !

Alors j’aimais ces filles d’Orient et d’autres royaumes des cieux azurés, sur qui ne planaient ni nuages ni pensées.

Vous ne vous doutez pas combien elles étaient charmantes, lorsqu’elles ne dansaient pas, assises avec des arts profonds, mais sans pensées, comme de petits secrets, comme des énigmes enrubannées, comme des noix d’après dîner —

— diaprées et étranges, en vérité ! mais sans nuages : telles des énigmes qui se laissent deviner : c’est en l’honneur des ces petites filles qu’alors j’ai inventé mon psaume d’après dîner. »