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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra (trad. Albert, 1903).djvu/400

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ger comme une plume : ainsi — le sommeil danse sur moi.

Il ne me ferme pas les yeux, il laisse mon âme en éveil. Il est léger, en vérité, léger comme une plume.

Il me persuade, je ne sais comment ? il me touche intérieurement d’une main caressante, il me fait violence. Oui, il me fait violence, en sorte que mon âme s’élargit : —

— comme elle s’allonge fatiguée, mon âme singulière ! Le soir d’un septième jour est-il venu pour elle en plein midi ? A-t-elle erré trop longtemps déjà, bienheureuse, parmi les choses bonnes et mûres ?

Elle s’allonge, longuement, — dans toute sa longueur ! elle est couchée tranquille, mon âme singulière. Elle a goûté trop de bonnes choses déjà, cette tristesse dorée l’oppresse, elle fait la grimace.

— Comme une barque qui est entrée dans sa baie la plus calme : — elle s’adosse maintenant à la terre, fatiguée des longs voyages et des mers incertaines. La terre n’est-elle pas plus fidèle que la mer ?

Comme une barque s’allonge et se presse contre la terre : — car alors il suffit qu’une araignée tisse son fil de la terre jusqu’à elle, sans qu’il soit besoin de corde plus forte.

Comme une barque fatiguée, dans la baie la plus calme : ainsi, moi aussi, je repose maintenant près de la terre fidèle, plein de confiance et dans