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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra (trad. Albert, 1903).djvu/239

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Mais tu rougis ? Ai-je dit des choses inexprimables ? Ai-je maudi en voulant te bénir ?

Ou bien est-ce la honte d’être deux qui te fait rougir ? — Me dis-tu de m’en aller et de me taire puisque maintenant — le jour vient ?

Le monde est profond — : et plus profond que le jour ne l’a jamais pensé. Il y a des choses qu’il faut taire devant le jour. Mais le jour vient : séparons-nous donc !

Ô ciel au-dessus de moi, ciel pudique et ardent ! Ô bonheur avant le soleil levant ! Le jour vient : séparons-nous donc ! —

Ainsi parlait Zarathoustra !



DE LA VERTU QUI RAPETISSE


1.


Lorsque Zarathoustra revint sur la terre ferme, il ne se dirigea pas droit vers sa montagne et sa caverne, mais il fit beaucoup de courses et de questions, s’informant de ceci et de cela, ainsi qu’il disait de lui-même en plaisantant : « Voici un fleuve qui, en de nombreux méandres, remonte vers sa source ! » Car il voulait apprendre quel avait été le sort de l’homme pendant son absence : s’il était devenu plus grand ou plus petit. Et un jour il aperçut une