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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra (trad. Albert, 1903).djvu/185

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deur du paon ! Tel est le symbole que je dédie aux poètes.

En vérité leur esprit lui-même est le paon le plus vain entre tous les paons et une mer de vanité !

L’esprit du poète veut des spectateurs : ne fût-ce que des buffles ! —

Pourtant je me suis fatigué de cet esprit : et je vois venir un temps où il sera fatigué de lui-même.

J’ai déjà vu les poètes se transformer et diriger leur regard contre eux-mêmes.

J’ai vu venir des expiateurs de l’esprit : c’est parmi les poètes qu’ils sont nés. —

Ainsi parlait Zarathoustra.



DES GRANDS ÉVÉNEMENTS


Il y a une île dans la mer — non loin des Îles Bienheureuses de Zarathoustra — où se dresse un volcan perpétuellement empanaché de fumée. Le peuple, et surtout les vieilles femmes parmi le peuple, disent de cette île qu’elle est placée comme un rocher devant la porte de l’enfer : mais la voie étroite qui descend à cette porte traverse elle-même le volcan.

À cette époque donc, tandis que Zarathoustra séjournait dans les Îles Bienheureuses, il arriva qu’un vaisseau jeta son ancre dans l’île où se trouve la montagne fumante ; et son équipage descendit à