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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/93

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De l’Enfant et du Mariage.
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J’ai une question pour toi seul, mon frère. Je jette cette question comme une sonde dans ton âme, afin que je connaisse sa profondeur.

Tu es jeune et tu désires enfant et mariage. Mais je te demande : Es-tu un homme qui ait le droit de désirer un enfant ?

Es-tu le victorieux, vainqueur de toi-même, le souverain des sens, le maître de tes vertus ? C’est ce que je te demande.

Ou bien la bête et la nécessité parlent-elles de ton désir ? Ou bien l’isolement ? Ou bien la discorde avec toi-même ?

Je veux que ta victoire et ta liberté aient le désir d’un enfant. Tu dois construire des monuments vivants à ta victoire et à ta délivrance.

Tu dois construire plus haut que toi. Mais il faut d’abord que tu sois construit toi-même, rectangulaire de corps et d’âme.

Tu ne dois pas seulement te reproduire et te transplanter, tu dois aussi te planter plus haut. Que le jardin du mariage te serve à cela.