Ouvrir le menu principal

Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/64

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Mes frères, voulez-vous donc étouffer dans l’exhalaison de leurs gueules et de leurs appétits ! Cassez plutôt les vitres et sautez dehors !

Évitez donc la mauvaise odeur ! Éloignez-vous de l’idolâtrie des superflus.

Évitez donc la mauvaise odeur ! Éloignez-vous de la fumée de ces sacrifices humains !

Maintenant encore le monde est libre pour les grandes âmes. Pour ceux qui sont solitaires ou à deux, bien des places sont encore libres, des places où souffle l’odeur des mers silencieuses.

Une vie libre reste ouverte aux grandes âmes. Vraiment, qui possède peu, est d’autant moins possédé : bénie soit la petite pauvreté !

Là-bas, où finit l’État, commence seulement l’homme qui n’est pas superflu : là commence le chant deceux qui sont nécessaires, la mélodie unique et indispensable.

Là-bas où finit l’État, - regardez donc, mes frères ! Ne voyez-vous pas l’arc-en-ciel et le pont du Surhumain ? —

Ainsi parlait Zarathoustra.

*
*           *