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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/443

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« Il y a quelque chose dans ce spectacle, répondit le consciencieux, et il mit le doigt à son nez, il y a quelque chose dans ce spectacle qui fait même du bien à ma conscience.

Peut-être n’ai-je pas le droit de croire en Dieu : mais il est certain que, sous cette forme, Dieu me semble le plus digne de foi.

Dieu doit être éternel, selon le témoignage des plus pieux : qui a tant de temps s’en accorde. Aussi lentement et aussi bêtement que possible : avec cela il peut vraiment aller loin.

Et celui qui a trop d’esprit aimerait à s’enticher de la bêtise et de la folie mêmes. Réfléchis sur toi-même, ô Zarathoustra !

Toi-même — en vérité ! tu pourrais bien, par excès de sagesse, devenir un âne.

Un sage parfait n’aime-t-il pas suivre les chemins les plus tortueux ? L’apparence le prouve, ô Zarathoustra , — ton apparence ! »

— « Et toi-même enfin, dit Zarathoustra en s’adressant au plus laid des hommes qui était toujours encore couché par terre, les bras tendus vers l’âne (car il lui donnait du vin à boire). Parle, inexprimable, qu’as-tu fait là !

Tu me sembles transformé, ton œil est ardent, le manteau du sublime se drape autour de ta laideur : qu’as-tu fait ?

Est-ce donc vrai, ce que disent ceux-là, que tu l’as ressuscité ? Et pourquoi ? N’était-il donc pas tué et périmé avec raison ?