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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/362

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J’en ai déjà tant trouvé qui s’étiraient et qui se gonflaient, tandis que le peuple criait : « Voyez donc, voici un grand homme ! » Mais que servent tous les soufflets ! Le vent finit toujours par en sortir.

La grenouille finit toujours par éclater, la grenouille qui s’est trop gonflée : alors le vent en sort. Piquer dans le ventre d’un enflé, c’est ce que j’appelle un sage divertissements. Écoutez cela, mes enfants !

Notre aujourd’hui appartient à la populace : qui peut encore savoir ce qui est grand ou petit ? Qui chercherait encore la grandeur avec succès ! Un fou tout au plus : et les fous réussissent.

Tu cherches les grands hommes, singulier fou ! Qui donc t’a enseigné à les chercher ? Est-ce aujourd’hui le temps opportun pour cela ? Ô chercheur malin, pourquoi — me tentes-tu ? » — —

Ainsi parlait Zarathoustra, le cœur consolé, et, en riant, il continua son chemin.

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