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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/357

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Que veux-tu comme rançon ?
Demande beaucoup — ma fierté te le conseille !
et parle brièvement — c’est le conseil de mon autre fierté !

Ah ! ah !
C’est moi — moi que tu veux ?
Moi — tout entier ?...

Ah ! ah !
Et tu me martyrises, fou que tu es,
tu tortures ma fierté ?
Donne-moi de l’amour — qui me chauffe encore ?
qui m’aime encore ? —
Donne des mains chaudes,
donne des cœurs-réchauds.
donne-moi, à moi le plus solitaire,
que la glace, hélas ! la glace fait
sept fois languir après des ennemis,
après des ennemis même,
donne, oui abandonne-
toi - à moi,
toi le plus cruel ennemi ! — —

Parti !
Il a fui lui-même,
mon seul compagnon,
mon grand ennemi,
mon inconnu,
mon dieu-bourreau !...

— Non !
Reviens !
avec tous les supplices !
Ô reviens
au dernier de tous les solitaires !