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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/353

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Que tu aies dit un jour, ô Zarathoustra : « L’esprit, c’est la vie qui incise elle-même la vie," c’est ce qui m’a conduit et éconduit à ta doctrine. Et, en vérité, avec mon propre sang, j’ai augmenté ma propre science. »

— « Comme le prouve l’évidence », interrompit Zarathoustra ; et toujours encore le sang coulait du bras nu du consciencieux. Car dix sangsues s’y étaient accrochées.

« Ô singulier personnage, combien d’enseignements contient cette évidence, c’est-à-dire toi-même ! Et je n’oserais peut-être pas verser tous les enseignements dans tes oreilles sévères.

Allons ! Séparons-nous donc ici ! Mais j’aimerais bien te retrouver. Là-haut est le chemin qui mène à ma caverne : Tu dois y être cette nuit le bienvenu parmi mes hôtes.

Je voudrais aussi réparer sur ton corps que Zarathoustra t’aies foulé aux pieds : c’est ce à quoi je réfléchis. Mais maintenant un cri de détresse pressant m’appelle loin de toi. »

Ainsi parlait Zarathoustra.

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