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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/348

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Comme ils soupiraient, nos pères, lorsqu’ils voyaient au mur des glaives polis et desséchés! Semblables à ces glaives ils avaient soif de la guerre. Car un glaive veut boire du sang, un glaive scintille de désir. » — —

— Tandis que les rois parlèrent et babillèrent ainsi, avec ardeur, de la félicité de leurs pères, Zarathoustra fut pris d’une grande envie de se moquer de leur ardeur : car c’étaient évidemment des rois très paisibles qu’il voyait devant lui, des rois aux visages vieux et fins. Mais il se surmonta. « Allons ! En route ! dit-il, vous voici sur le chemin, là-haut est la caverne de Zarathoustra ; et ce jour doit avoir une longue soirée ! Mais maintenant un cri de détresse pressant m’appelle loin de vous.

Ma caverne en sera honorée, si des rois y prennent place pour attendre : mais il est vrai qu’il faudra que vous attendiez longtemps !

Eh bien ! Qu’importe ! Où apprend-on mieux à attendre aujourd’hui que dans les cours ? Et toutes la vertu des rois, la seule qui leur soit restée, — ne s’appelle-t-elle pas aujourd’hui : savoir attendre ? »

Ainsi parlait Zarathoustra.

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