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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/341

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Du bonheur — comment ferait-on pour trouver le bonheur chez de pareils ensevelis, chez de tels ermites ! Faut-il que je cherche encore le dernier bonheur sur les Iles Bienheureuses et au loin parmi les mers oubliées ?

Mais tout est égal, rien ne vaut la peine, en vain sont toutes les recherches, il n’y a plus d’Îles Bienheureuses ! » — —

Ainsi soupira le devin ; mais à son dernier soupir Zarathoustra reprit sa sérénité et son assurance comme quelqu’un qui revient à la lumière, sortant d’un gouffre profond. « Non ! Non ! Trois fois non ! s’écria-t-il d’une voix forte, en se caressant la barbe — ceci, je le sais bien mieux que toi ! Il y a encore des Îles Bienheureuses ! N’en souffle mot, sac-à-tristesse pleurard !

Cesse d’en glapir, nuage de pluie du matin ! Ne me vois-tu pas déjà mouillé de ta tristesse et aspergé comme un chien ?

Maintenant je me secoue et je me sauve loin de toi, pour redevenir sec : ne t’en étonne pas ! N’ai-je pas l’air courtois ? Mais ma cour est ici.

En ce qui concerne ton homme supérieur : Eh bien ! je vais vite le chercher dans ces forêts : c’est de qu’est venu son cri. Peut-être une bête sauvage le met-elle en danger.

Il est dans mon domaine : je ne veux pas qu’il lui arrive malheur ici ! Et en vérité il y a chez moi beaucoup de bêtes sauvages. » —

À ces mots Zarathoustra s’apprêta à partir. Mais alors le devin se mit à dire : « Ô Zarathoustra, tu es un coquin !