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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/257

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Était-elle blottie là avec une autre petite phalène ? Car partout je sens de petites communautés cachées ; et partout où il y a des réduits, il y a de nouveaux bigots avec l’odeur des bigots.

Ils sont assis ensemble pendant des soirées entières et ils se disent : « Redevenons comme les petits enfants et invoquons le bon Dieu ! » — Ils ont la bouche et l’estomac gâtés par les pieux confiseurs.

Ou bien, durant de longs soirs, ils regardent les ruses d’une araignée aux aguets, qui prêche la sagesse aux araignées même, en leur enseignant : « Sous les croix, il fait bon tisser sa toile ! »

Ou bien ils sont assis pendant des journées entières à pêcher à la ligne au bord des marécages, et ils croient que c’est là être profond ; mais celui qui pêche où il n’y a pas de poisson, j’estime qu’il n’est même pas superficiel !

Ou bien ils apprennent joyeusement à jouer de la harpe chez un chansonnier qui aimerait bien s’insinuer dans le cœur des petites jeunes femmes : — car ce chansonnier est fatigué des vieilles femmes et de leurs louanges.

Ou bien ils apprennent à frissonner chez un sage à moitié détraqué qui attend, dans des chambres obscures, que les esprits apparaissent — tandis que leur esprit disparaît entièrement !

Ou bien ils écoutent un vieux charlatan, musicien ambulant, à qui la tristesse du vent a enseigné la lamentation des tons ; maintenant il siffle d’après le vent et il prêche la tristesse d’un ton triste.

Et quelques-uns d’entre eux se sont même faits veilleurs de nuit : ils savent maintenant souffler dans les cornes,