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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/138

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Il ne doivent pas non plus le devienir ! Que serait donc mon amour du Surhumain si je parlais autrement ?

C’est sur mille ponts et sur mille chemins qu’ils doivent se hâter vers l’avenir, et il faudra mettre entre eux toujours plus de guerres et d’inégalités : c’est ainsi que me fait parler mon grand amour !

Il doivent devenir des inventeurs d’images et de fantômes par leurs inimitiés, et, avec leurs images et leurs fantômes, ils devront combattre entre eux le plus grand combat !

Bon et mauvais, riche et pauvre, haut et bas et tous les noms de valeurs : autant d’armes et de symboles cliquetants pour indiquer que la vie doit toujours à nouveau se surmonter elle-même !

Elle veut, la vie elle-même, s’élever dans les hauteurs avec des piliers et des degrés : elle veut scruter les horizons lointains et regarder au delà des beautés bienheureuses, — c’est pourquoi il lui faut des hauteurs !

Et puisqu’il faut des hauteurs, il lui faut des degrés et des contradictions des degrés, des contradictions de ceux qui s’élèvent ! La vie veut s’élever et, en s’élevant, elle veut se surmonter elle-même.

Et voyez donc, mes amis !où est la caverne de la tarentule, les ruines d’un vieux temple s’élèvent, — regardez donc avec des yeux illuminés !

En vérité celui qui dressa jadis ses pensées, édifices de pierre, vers les hauteurs, celui-là connut le secret de la vie, comme le plus sage d’entre tous !

Que dans la beauté, il y ait encore de la lutte et de l’inégalité et une guerre de puissance et de suprématie,