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Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/113

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Sur les Îles Bienheureuses.
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Les figues tombent des arbres, elles sont bonnes et savoureuses ; et tandis qu’elles tombent leurs pelures rouges se déchirent. Je suis un vent du nord pour les figues mûres.

Ainsi, semblables à des figues, ces enseignements tombent vers vous, mes amis : prenez-en le suc et la chair tendre ! C’est l’automne autour de nous, c’est le ciel clair et l’après-midi.

Voyez quelle plénitude il y a autour de nous ! Et qu’y a-t-il de plus beau, dans l’abondance, que de regarder dehors, sur les mers lointaines.

Jadis on disait Dieu, quand on regardait sur des mers lointaines ; mais maintenant je vous ai appris à dire : Surhumain.

Dieu est une conjecture : mais je veux que votre conjecture n’aille pas plus loin que votre volonté créatrice.

Sauriez-vous créer un Dieu ? — Ne me parlez donc pas de tous les dieux ! Cependant vous pourriez créer le Surhumain.

Ce ne sera peut-être pas vous-mêmes, mes frères ! Mais vous pourriez vous transformer en pères et en ancêtres du Surhumain : que ceci soit votre meilleure création ! —

Dieu est une conjecture : mais je veux que votre conjecture soit limitée dans l’imaginable.