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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/90

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LES APHRODITES

Madame Durut. — Quant à moi, j’aurais tort de ne pas vider cette bouteille : elle est digne de la bouche des dieux ! (Elle boit.)

Ce qu’a dit la duchesse n’avait pour but que de piquer un peu le chevalier, mais le comte l’a pris au pied de la lettre. En conséquence, profitant de ce que la duchesse s’est levée pour embrasser Célestine, il s’est glissé à la place de la première, et, méditant de la recevoir sur lui quand elle voudrait se rasseoir, il dispose tout si bien qu’en effet il se trouve qu’elle retombe à cru sur quelque chose qui surprend toujours agréablement les dames. Pour peu qu’un homme soit adroit en pareil cas, il est au but avant qu’on ait eu le temps de soupçonner son dessein… Bref, la duchesse est enfilée à cheval sur le comte et lui tournant le dos. Au même instant, cette coquette de Célestine, qui se proposait de faire au comte en passant quelque amitié, s’incline pour lui donner un baiser, qu’il reçoit en se penchant un peu sur la gauche derrière la duchesse. L’égrillard de chevalier profite de la posture de Célestine pour lui jeter ses jupons par-