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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/86

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LES APHRODITES


ment perdue de vue, il y a bien six mois, depuis qu’elle m’a débauché mon valet de chambre.

Célestine. — Ce fut sans doute pour vous un grand crève-cœur que de perdre ainsi deux maîtresses à la fois ?

Madame Durut. — Pourquoi pas trois ? car la dame ne se faisait pas beaucoup prier pour faire le thème en deux façons.

Le Comte. — De la méchanceté ! Il est assez plaisant qu’on gronde ici ces sortes de caprices, tandis qu’on veut bien les laisser en paix dans la société. Vous voilà trois femmes : laquelle de vous osera jurer de n’avoir jamais varié la manière de faire des heureux ?

Célestine. — Monsieur le comte voudrait nous confesser apparemment. Quant à moi, je ne suis pas pressée de m’accuser de péchés dont il est très-possible que je n’aie aucun repentir. (Avec espièglerie.) Pends-toi, brave Crillon[1]

Madame Durut. — Pour moi, je pose en

  1. C’est ainsi que Célestine trahit son goût bizarre, et fait sentir au comte qu’il a perdu, le matin, une belle occasion.