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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/83

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VIVE LE VIN ! VIVE L’AMOUR !

On boit à la ronde. Ils mangent tous du meilleur appétit et boivent à proportion. Avec le second service on a apporté des vins délicieux. Les entremets sont ingrédientés de manière à ne pas permettre que de tels convives conservent longtemps leur sang-froid et demeurent à table sans s’agacer. Quoique le chevalier ait fait passablement des siennes, il se sent déjà des velléités pour cette friponne de Célestine, dont il est voisin, et qui joue avec lui de la prunelle, à faire sauter le bouchon. La vue de plus de la moitié de ses merveilleux tétons (qu’elle découvre sous prétexte d’y pourchasser un peu de pain qui la blesse) achève de mettre en rut l’inflammable jouvenceau.

Cependant il s’observe assez bien pour ne pas se mettre dans le cas d’offenser la duchesse, qui le guette du coin de l’œil. De son côté, le comte croit de son honneur qu’avant qu’on se quitte la duchesse ait fait aussi quelque chose pour lui. Durut, qui ne perd rien de tout ce manége, rit sous cape et déjà se doute de ce qui va suivre. Au dessert, les gens renvoyés, la conversation s’anime par degrés et devient des plus