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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/82

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LES APHRODITES


Madame Durut (interrompant). — Je connais, je connais ! assurément vous pouvez connaître. Une chose n’a-t-elle donc de prix qu’autant qu’elle soit unique ? À boire ! Je passe ma vie à entendre d’insoutenables gens comparer, épiloguer, au lieu de jouir…

Célestine (interrompant). — Et ma bouillante sœur se fâche au lieu de manger ! cela ne revient-il pas au même ?

La Duchesse. — Célestine a raison, et je suis enchantée, Durut, qu’elle vous ait prise sur le fait. Savez-vous que vous devenez d’une humeur…

Madame Durut (avec surprise). — Et vous aussi ? À votre tour, messieurs, grondez-moi. J’ai donc de l’humeur ? Eh bien ! il faut la noyer dans le bourgogne. (Elle s’en fait donner une bouteille et se verse rasade.) À vos santés !…

Le Comte. — J’aime mieux cela que de la morale.

    ne peut s’empêcher de l’admirer et de l’aimer, et s’étonne de lui voir concilier de la manière la plus naturelle les goûts et les habitudes de la femme à la fois la plus légère et la plus réfléchie, la plus frivole et la plus essentielle, la plus capricieuse en fait de plaisir, et la plus invariable en fait de sentiments.