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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/702

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LES APHRODITES


virtuoses de profession, recueillirent un juste tribut d’admiration et de caresses. Plus d’un éclair lancé de l’orchestre avait allumé des feux qu’il fallut courir éteindre au boudoir.

À neuf heures, réunis encore, on vit l’entrée des couples qui passaient ce jour-là de la classe des affiliés à celle des profès[1]. Zaïre, à son grand étonnement, était du nombre. On l’avait en vain cherchée partout pendant qu’elle était si solitairement occupée avec le commandeur de Lardemotte. Pour ajouter au piquant de la faveur de son adoption impromptu (c’était surtout hors de règle), on n’avait point voulu la prévenir. Mais dès qu’elle avait reparu dans la rotonde, on s’était emparé d’elle, et tout de suite, en lui apprenant la flatteuse promotion, on lui avait imposé le devoir de faire gagner les couronnes[2] au parrain que le

  1. On affiliait un à un, mais on n’engageait jamais que deux à deux. Chaque individu d’un couple de profès était respectivement pendant un an parrain et marraine. Des soins approchant de ceux du sigisbéisme d’Italie étaient attachés à cette particulière affinité.
  2. Il était de règle que pendant trois heures, entre parrain et marraine, on fit ce qu’on pouvait ! Le nombre des couronnes rendait compte de ce qui s’était passé. On