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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/69

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À BON CHAT BON RAT.

La Duchesse (le montrant à madame Durut). — Mais ne devais-je pas à ces traits enchanteurs, à cette angélique physionomie, reconnaître quelqu’un de bien né ? (Au chevalier.) Qu’es-tu donc enfin dans le monde ? Y as-tu d’autre destination que celle d’ensorceler sans doute toutes les femmes ?…

Le Chevalier. — Je suis à Malte et à la suite des dragons, en attendant l’exercice d’une charge, aujourd’hui suspendue, mais que peut-être on n’abolira pas.

La Duchesse (avec feu). — Ah ! du moins auras-tu celle de mon premier fouteur[1] aussi longtemps que cela pourra te plaire : viens, qu’à l’instant je t’en mette en possession. (Elle enjambe Alfonse et écarte en même temps avec une sorte de fureur tout ce qui pouvait les couvrir.) Toi Durut, contemple la rare perfection de cet être-là !

Madame Durut (finement). — Nous en avons aussi quelque idée,

La Duchesse (s’exaltant). — Est-ce un homme ? Est-ce un dieu ? (Elle saisit avec

  1. Et les duchesses aussi, parfois, ont de ces gaietés ; j’en appelle aux lecteurs qui peuvent en avoir l’expérience.