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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/687

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C’EST DE BONNE HEURE.

Le Commandeur. — Tu t’abuses, mon amour. Dès que j’aurai mis en règle quelques affaires qui m’y amènent, au péril de ma vie, je rejoindrai mes chers Condés. Je gagerais tout ce que je possède qu’en vain essayera-t-on, comme on le publie, de dissoudre la masse des infortunés émigrés : nos Bourbons, nos bienfaiteurs, nos amis, demeureront encore entourés d’une élite qui ne voudra pas plus renoncer à leur mauvaise fortune qu’eux-mêmes ne voudraient abandonner ceux qui s’y seraient attachés…

Dans ce moment, un pétard fort bruyant éclate. C’est l’avertissement de se réunir.

Aussitôt le gouverneur est debout, mais Zaïre, qui le tient toujours par le gouvernail, le force à se rasseoir, et, l’enfourchant, elle exige encore quelques minutes d’audience… — “ Dépêchons, dépêchons ! „ dit en s’agitant sur lui comme un démon cette brûlante héroïne. Elle baise, elle mord, elle rit, chatouille et jure tour à tour. Leur poste est aussi bientôt courue…

Ils se rajustent, volent, et sont pourtant à peu près les derniers arrivés à la rotonde, lieu du rendez-vous général.