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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/686

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LES APHRODITES


prestige a peu duré ; déjà l’édifice de carton menace ruine, et chaque jour le feu prenant quelque part, le temps et les soins suffisent à peine à l’éteindre. Que de fous auront enfin un pied de nez et ne sauront où cacher leur honte, où déplorer la plus sotte bévue dont l’orgueil et l’égoïsme aient pu donner le funeste conseil ! Assez heureux pour m’être fait de mon attachement pour les Condés un intérêt personnel, j’avais vu, sans être tenté, un essaim d’extravagants et d’ingrats prendre l’essor. Content près de mes chevaleresques et modestes bienfaiteurs, j’ai préféré leur obscurité volontaire, leur frugalité, leurs fatigues, à la Cocagne éphémère des théories de Coblentz. Il est vrai que depuis longtemps je suis désabusé sur le chapitre de l’émigration, la plus impolitique sottise par laquelle le diable peut nous induire à servir nos ennemis ; mais je tiens par le cœur à mes héros, vraiment contrariés par le destin. Ils luttent contre ses coups avec tant de courage que, même certain de périr avec eux, je ne me résoudrais point à m’en séparer.

Zaïre. — Te voici cependant à Paris, d’où j’espère que tu ne sortiras plus.