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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/667

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AH ! QU’ON EST FOU !


Zéphirine, sur un carreau de velours à glands d’or, permanent, propice aux fréquentes génuflexions du baronet. Au col de la bouteille (qu’il a ramassée) se lit une bande de papier : La voiture, pour venir me rejoindre.

Quelque épris et persuadé que soit l’Anglais de la réalité de tout ce qui lui arrive, il ne mesure pas sans un premier mouvement d’horreur la profondeur du précipice dans lequel il lui semble ordonné qu’il s’élance, car, tout net, il s’agissait de mourir à tout événement. C’est jouer gros jeu sans doute. Célestine, affectant un air froid, lui en fait l’observation, sans toutefois rien conseiller ni pour ni contre. Ce moment cruel, où la nature doit être aux prises avec une extravagante passion, est le point de vengeance que la petite comtesse avait en vue. La neutralité perfide de Célestine aggrave encore la perplexité de l’Anglais, en ajoutant à son irrésolution. Pendant que Célestine parle à mots coupés, ne perdant pas une des variations de la physionomie du combattu baronet, il tient, lui, la bouteille, tête basse et les yeux en-dessous, stu-

  IV.
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