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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/666

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LES APHRODITES


ment aussi, le lit de repos (qui est une machine approchant de celles qu’on a vues mille fois aux grands danseurs dans leurs pantomimes) a escamoté la vieille et substitué madame de Mottenfeu. La vapeur qui se dissipe par la fenêtre ouverte répand aux environs une odeur qui n’a rien que d’agréable[1]. Quelque bruit qu’on fait aux environs (car bien du monde a le mot pour se réunir ce soir-là dans l’hospice, et déjà des couples folâtres se sont dispersés pour escarmoucher dans les boudoirs des bosquets), ce bruit, disons-nous, a chassé Célestine et sir Henry devers le logement de ce dernier.

Le premier objet qui frappe leurs yeux quand ils rentrent dans le salon, c’est une bouteille posée au pied de la châsse de

  1. J’entends les plus sensés des fous qui liront ces sottises me dire : Ces moyens ne sont pas fort subtils. — D’accord ; mais qu’on demande à messieurs les martinistes, mesméristes, illuminés, maçons égyptiens, etc., si les leurs sont beaucoup plus fins. Quand il s’agit de mystifier des gens de bonne étoffe, les trois quarts de l’ouvrage sont faits d’avance dans leur cervelle creuse ; avec un peu de jargon et d’adresse, le mystificateur a bientôt fait le reste, car au bout du compte qui que ce soit n’est sorcier. N’importe, on voudra sans fin lire dans l’avenir, vivre des siècles, faire de l’or, etc., etc.