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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/665

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AH ! QU’ON EST FOU !


de l’autre, une tête de mort. Le tout est faiblement éclairé d’une lampe à l’antique.

Sir Henry, parfaitement dupe, est plus repoussé qu’étonné de cette vision dégoûtante et sinistre. Il ne peut pas cependant s’en arracher. Il a tout le temps de voir différents mouvements que fait l’épouvantable vieille, comme il arrive pendant un demi-sommeil agité de songes laborieux. À peu près au bout de cinq minutes, l’objet affreux se met sur son séant, se touche de la tête aux pieds et débouche une fiole. Aussitôt une épaisse vapeur se répand dans la pièce ; à travers ce nuage, le lumignon de la lampe n’est plus aperçu que comme un point de lugubre rougeur. La vieille est presque imperceptible. On croit pourtant lui voir avaler l’une des fioles. Peu à peu la lampe s’est éteinte. Sans aucun intervalle on entend la voix de la comtesse, qui, venant en deux sauts ouvrir la croisée, dit, avec un soupir de contentement : “ C’est encore moi ! „

Dès que la lumière avait fini, Célestine et sir Henry s’étaient éloignés de quelques pas. Il est inutile de dire que, dans ce mo-