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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/661

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AH ! QU’ON EST FOU !

Sir Henry. — Je vais vous écouter comme une amie, comme la protectrice de mon plus cher intérêt. (Il lui baise la main avec sentiment.)

Célestine. — Tu sauras donc, mon pauvre Henry, que Nécrarque, si mal à propos accusée, fait au contraire tout pour le mieux à ton égard. Mais elle-même, hélas ! n’existe pas impunément sur cette petite boule. Condamnée à mille sortes de malheurs malgré ses étonnants priviléges, accordés par la nature ou acquis par son art sublime, Nécrarque, un jour de chaque lune, dès que pointe le crépuscule du jour, se fond, perd la forme plus ou moins agréable qu’il lui avait plu de revêtir, et devient… ce qu’il est naturel que soit une femme qui vit depuis tant de siècles. Dans cet état, elle est privée de ses immenses pouvoirs jusqu’à la nuit. Il s’agit alors pour elle de savoir si la force des talismans dont elle a grand soin de se surcharger dans ces sortes de crises ne cessera pas de prévaloir sur l’ordre naturel qui veut qu’enfin s’éteigne notre débile flammèche… C’est ainsi que Nécrarque nomme certaine âme physique