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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/658

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LES APHRODITES


„ où je suis. Toi seul, par de matérielles et trop fréquentes communications avec des êtres étrangers à ta Zéphirine[1], as détourné la direction de notre aimant. Tandis que, depuis que je suis évoquée, je t’ai cherché sans cesse, tu semblais me repousser ; ton intermittente passion s’est trop encrassée des ordures de la brutale humanité, pour que notre amalgame ait pu demeurer facile… „ (S’interrompant). Le style des enfers est diablement mystique. (Elle poursuit.) “ Ce n’est donc plus à moi de remonter dans le séjour d’exil où tu t’es ménagé de grossiers dédommagements. Si tu veux qu’une nouvelle existence nous réunisse encore, c’est à toi de te dépouiller de tes éléments impurs.

  1. On avait arraché au baronet l’aveu d’avoir, en différents lieux, satisfait les mêmes caprices qu’on sait le distraire dans son séjour actuel, mais le tout en dirigeant constamment ses intentions vers l’adorée momie. Il avait même essayé, par occasion, en Italie, d’un culte absolument étranger et qui lui devait sembler devoir caractériser encore mieux son excessive passion pour l’objet si tendrement regretté. Mais cette grossière erreur ne l’avait séduit qu’un moment : pouvait-elle gangrener un cœur susceptible d’amour véritable, dont l’immuable base est la simple nature, sans aucune modification ?