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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/657

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AH ! QU’ON EST FOU !

Célestine (feignant elle-même une extrême surprise). — Que vous arrive-t-il donc ?

Sir Henry (tremblant, mais ne pouvant s’empêcher de baiser plusieurs fois la lettre). — C’est d’elle ! oui, Célestine, c’est une divinité !) Il lit tout bas, se trouble, paraît d’abord accablé, et bientôt au désespoir.)

Célestine. — Puis-je voir cette lettre ?

Sir Henry (la lui donnant). — Lisez.) Il sanglote, la tête appuyée contre un jeune arbre dont le tronc partage l’agitation extrême du baronet.)

Célestine (hésitant). — Je ne sais trop pourtant si l’on peut se fier à ce qui vient de chez messieurs les morts. Mais la curiosité de mon sexe… (Elle prend la feuille, en affectant toutes les précautions et la légèreté de tact imaginables.) Certes, on n’apprend pas dans l’autre monde à bien peindre, si l’on s’y sert d’aussi joli papier que chez nous. (Elle lit avec quelque difficulté.)  Ingrat ! ne t’en prends qu’à toi-même, si les bienfaisants efforts de notre souveraine ne peuvent rompre les liens qui me retiennent