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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/655

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AH ! QU’ON EST FOU !


mon malheur ; mais depuis que j’ai fait cette funeste connaissance, j’éprouve tous les chagrins, tous les déchirements imaginables. Aussi, j’ai pris mon parti, bien convaincu que la prétendue magicienne n’est qu’une fourbe, cruelle autant qu’audacieuse ; bien persuadé que nul miracle ne peut rendre la vie à l’être qu’il a plu au sort d’en priver. Je m’éloigne, et dès demain je sors de ces lieux, où je me flattais pourtant d’avoir trouvé le degré de consolation et de jouissance auquel il m’était encore permis d’aspirer. (Il est ému jusqu’aux larmes.)

Célestine. — Tu ferais une insigne folie, mon cher Henry ; sois bien certain que la colère de Nécrarque[1] te poursuivrait partout. Au moment même où il s’agit d’éprouver la réalité de sa toute-puissance, elle la signalerait sur toi par tous les fléaux familiers à son art, dont, moi, je ne doute pas.

Sir Henry (avec vivacité). — Désabusez-vous, mademoiselle ; cette femme nous jouait, vous et moi. Sans cela, m’éviterait-

  1. Nécrarque : nom que la comtesse se donnait dans la comédie. Il dérive du grec et signifie : Qui règne sur les morts.
  IV.
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