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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/647

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QUEL JEU DU SORT !


recouvré de précieux moyens de renouer le sien, qui n’exigeait ni grandes avances, ni d’aller chercher si loin bout de monde. Rodolphe, épris et remis dans le droit chemin, proposa de s’embarquer : on y consentit. Ces amants se convenaient tous deux, avaient de l’activité, de la conduite et du courage. Le sort les soutint dans les dangers et fit réussir toutes leurs entreprises. Sans songer au mariage, ils demeurèrent inséparables, et finirent par être fort riches.

Après beaucoup d’années de cette libre intimité, Rodolphe allait s’éteindre. Allemand transplanté dès l’enfance et parvenu de mousse, il ne connaissait aucun parent. Il laissa tous ses biens à sa compagne, qui se trouva, sans s’en douter, héritière de près de huit cent mille livres. „

Pour ne plus revenir à ces gens-là (de qui nous avons sans doute beaucoup trop longuement entretenu le lecteur), disons que trois mois après les reconnaissances que nous avons racontées Limefort et Lucette, à cause de leurs enfants, qui leur donnaient les plus belles espérances, se marièrent en-

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