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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/646

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LES APHRODITES


ébauche à ce métier, un marin très-subalterne, bizarre dans ses goûts et familier avec les antipodes, avait pris la beauté nocturne en affection pour des bontés particulières qu’il avait su la persuader d’avoir pour lui. Par quelle route, grand Dieu ! la fortune devait-elle arriver enfin à notre actuelle héroïne ! Mais attendons, le moment heureux n’est pas encore venu. Monsieur Rodolphe était une pratique ; cependant, sans en avertir, il fit une absence si fort à contre-temps, que sa malheureuse amie, au moment des couches, manqua de tout et faillit périr de misère. Son épuisement, qui ne lui permettait pas de nourrir, la força de faire exposer sa malheureuse progéniture. On sait comme cela lui réussit. Le ciel enfin eut pitié de Lucette : l’amoureux pilotin était de retour de Brest, où l’on avait liquidé son article dans certains comptes de part au produit des prises. Il cherchait sa complaisante amie ; elle se traîne, faible encore, vers leur rendez-vous accoutumé. Les voilà réunis, tous deux plus riches, car si le marin avait en caisse de quoi commencer quelques spéculations de commerce, la raccrocheuse avait