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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/632

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LES APHRODITES


raît stupéfait), homme ! souvenez-vous-en bien, pour un quart d’heure encore.

Vandhour (très-brusquement). — Ah ! tant d’équivoque me passe et m’excède à la fin ! Quoi qu’il en soit, j’ai le cœur trop gonflé pour pouvoir renfermer ce qui l’oppresse…, Durut ! le petit ingrat m’est infidèle, il a pu se communiquer à quelque autre qu’à moi !

La Durut (ployant les épaules). — De la jalousie.

Vandhour (versant quelques larmes). — Je sens que j’aurais pu pardonner à ce sale caprice dont je m’étais fait illusion, mais le monstre !… J’égorge la petite scélérate !…

La Durut. — Chut ! (À part.) Elle est folle.

Vandhour (s’animant). — M’associer… une drôlesse qui n’a ni beauté formée, ni maturité de vocation et de moyens[1] ! C’est

  1. C’est une consolation pour les matrones, que d’imaginer qu’elles doivent, à raison de leur habile expérience et de la multitude de leurs exploits, éclipser ces novices qui n’en sont qu’à l’a, b. c, du métier de catin. Les barbons ont aussi la prétention de se croire plus propres à donner aux connaisseuses des plaisirs dont, à la vérité, ils ne peuvent autant multiplier le procédé que le fait, en se jouant, la brûlante adolescence. Mais la qualité ! c’est sur ce point important que s’échafaude l’orgueil risible des presque invalides cardinaux du clergé de Vénus. Ô folie !