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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/629

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QUEL JEU DU SORT !


MADAME DURUT, VANDHOUR[1].

La Durut (très-haut). — Ah ! bonjour, monsieur Vandhour.

Vandhour (d’un ton véhément). — Bonjour, ma chère Durut ; je suis dans une fureur !… (Durut lui fait des signes de silence que Vandhour, trop préoccupé, n’interprète pas. Il prend brutalement un siége et se place.) L’enfant que tu m’as procuré est un ange quant à la figure, mais un petit dépravé.

  1. Vandhour : il revient au lecteur le portrait de cet amphibie, qu’il ne convenait pas d’esquisser plus tôt, de peur de gâter la scène d’équivoque, première du troisième fragment de ce numéro. Vandhour, le même que l’étranger, petit en homme, est une assez grande femme, brune de cheveux, mais blanche de peau. Elle est un peu pâle, mais les yeux sont vifs, exigeants, les lèvres fraîches, les dents complètes et blanches, et le mannequin, plus dodu que maigre, aurait de la tournure sous un costume qui ne serait pas le masculin, d’une coupe étrangère, ample à dessein, couleur d’olive et décoré d’un large galon d’or. Le chapeau, retapé à la vieille mode, et la perruque noire à l’anglaise, achèvent de composer l’apparence d’un homme sur le retour. En dépit de tout cela, mademoiselle Fleur d’autrefois, en femme, serait encore digne qu’on fît sa partie avec intérêt. Belamour, au plus bel âge, la fait par devoir, ensuite aussi par besoin, car à seize ans on le mettrait au diable lui-même, s’il montrait un con en belle humeur.