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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/618

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LES APHRODITES


une créature violente, qui les prend tout au moins pour une conduite molle, si elles ne sont pas un indice d’ingratitude et de manque d’attachement.

Une nuit, pendant que Limefort était de service, son amante, sa furie a disparu. Comment ? pour aller où ? sans argent ! sans hardes ! Elle s’est peut-être donné le coup de la mort ? ou jetée dans la rivière qui coule sous les fenêtres de sa chambre écartée ? Sur tout cela, pas l’ombre d’un éclaircissement pendant treize ans.

Cette cruelle incertitude a causé, sans contredit, à l’honnête ravisseur un chagrin bien vif et de longue durée. Cependant il servait, il voyageait, il était beau ; les femmes le distinguaient, s’emparaient de lui, l’occupaient, et sans de grands efforts accumulaient tant de jolis souvenirs sur celui déchirant de mère Conception, si aimable mais si folle et si dangereuse ! Avouons qu’au bout de trois ans il n’y pensait plus.

Faut-il ajouter, lecteur, que l’étrangère qui déjà, par les soins de Durut, s’est abouchée avec le marquis de Limefort, c’est notre démon déguimpé, notre Érostrate femelle ? Avouez que vous l’aviez deviné.