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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/613

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QU’ON ME CHANGE CES TÊTES !


jours languissants, malheureux, sont ceux d’un inutile noviciat qui, loin d’éprouver, ne fera qu’enflammer davantage une vocation émanée d’en haut. Elle part ; elle est agréée, tondue, guimpée, le plus tôt qu’elle peut ; elle prononcera les vœux terribles et solennels. Jésus-Christ n’a pas une plus ardente épouse, ni le directeur une plus vétilleuse, une plus importune pénitente. Pour peu que cela dure, il faudra que mère Conception obtienne toute vive du saint-père un brevet de sainteté.

Mais, hélas ! quel besoin a donc cette créature, à peu près céleste, de la funeste intervention d’un père Anaclet ? Pourquoi ne prévoit-elle pas les dangers de sa trop fréquente communication avec une grosse figure de cordelier, aux impurs éléments, qui vient vicier l’atmosphère d’amour divin dont l’Esprit saint a fait à cette élue la grâce de l’entourer ? Quel malheur ! quel sacrilége ! À la longue, cet homme, bien terrestre, bien lubrique, joufflu, vermeil, carré, pectoré, musculeux, au lieu d’affermir la dévotion de cette fervente nonne, la corrompt et lui fait enfreindre le plus impor-