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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/607

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QU’ON ME CHANGE CES TÊTES !


de confiance que d’amour-propre la postiche divinité. Quelques études secrètes, faites sur elle-même avant de se mettre au travail, orientaient bien mieux son talent et lui fournissaient les plus heureuses réminiscences ; aussi sa chère mère était-elle dans un complet enchantement. Quant à Limefort, Adonis incomparable, il remplissait l’objet à tourner les têtes de ces êtres ignés qui, huit heures par jour, s’enivraient du moins scrupuleux étalage de ses formes parfaites. Cependant, quelque intérêt qu’ait madame Hanneton à ne pas perdre un seul moment de ces délectables séances, en dépit de la décence qui commandait encore qu’une mère fût toujours là, parfois un éclair de verve faisait éclore dans le cerveau de la muse quelques vers heureux qui pouvaient prédire l’accouchement prochain d’une tirade tout entière : alors il fallait bien s’arracher malgré soi, courir au secrétaire, s’enfermer avec le génie, de peur que la moindre distraction ne l’effarouchât et ne le fît s’envoler… Ce fut à travers ces conjonctures si favorables à l’espièglerie du sieur Cupidon, que celui-ci se fit un point

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