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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/595

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QU’ON ME CHANGE CES TÊTES !


compte, voudriez-vous bien me procurer un tête-à-tête avec monsieur de Limefort… chez lui,… chez moi,… comme il voudra ?

La Durut (défiante). — Vous allez un peu vite. Quoique fort amie de votre homme, j’avoue que je ne suis pas trop sûre de mettre la main dessus…

L’Étranger. — N’est-ce pas à Paris qu’il habite ?

La Durut. — Assurément ; mais c’est que tous ses pareils viennent de se mettre à la fichue mode d’aller sur le bords du Rhin[1] joindre l’armée de nos princes émigrés. Quand je dis leur armée, ils n’en ont point, nous le savons ; n’importe ! ils font semblant d’en avoir une et de vouloir faire des merveilles avec ; va-t’en voir s’il viennent ! Il s’agit donc de savoir si l’ami Limefort n’a pas donné comme un autre dans cette bosse…

  1. Madame Durut sait très-bien que Limefort a eu le bon sens et l’adresse d’échapper de cette toile d’araignée où tant de nobles moucherons se sont désastreusement empêtrés ; mais elle veut avoir le temps de consulter le marquis avant de l’aboucher avec un être auquel elle ne se fie point encore. Elle ment pour avoir de la marge et faire tout pour le mieux.
  IV.
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