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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/591

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QU’ON ME CHANGE CES TÊTES !


a appris le nom et la demeure de l’illustre madame Agathe Durut.

La Durut. — Je n’aurais jamais imaginé, monsieur, que ma renommée se fût envolée si loin. Pourtant, avant que je m’en félicite, il est bon de savoir si c’est du bien ou du mal qu’on se donne la peine de dire de votre servante, au delà des mers.

L’Étranger. — On n’y a fait, devant moi, que votre éloge ; et ce qui vous le prouvera, c’est que je viens vous offrir ma confiance pour une affaire du plus grand intérêt, dont peut dépendre le bonheur ou le malheur de ma vie.

La Durut. — Comment pourrai-je…

L’Étranger. — Daignez m’écouter. Vous connaissez, dit-on, tout Paris, et surtout les gens de haut parage ?

La Durut. — Tout Paris, c’est beaucoup dire ; j’avoue pourtant d’y connaître infiniment de monde…

L’Étranger (avec intérêt). — Et de ce nombre, madame, y aurait-il par hasard quelqu’un du nom de Limefort ?

La Durut (avec feu). — Limefort ! vous ne pouviez vous adresser mieux. Tous les