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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/588

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LES APHRODITES


Ribaudin, enfin prononcé avec une ronflante basse-taille, un saint respect saisit la comtesse. Quelqu’un du même nom lui fit jadis des choses si surprenantes, que se sentant dans les bras d’un individu de la famille, elle ne peut plus savoir pour combien de temps encore elle en a avant d’être quitte de cette téméraire débridée. Mons Ribaudin semble être fourré là pour la vie. Il cogne, recogne, éjacule, baise et jure ; il pille, au delà de la comtesse, les charmes découverts que les jolis doigts de la fée ont cessé d’occuper quand elle a volté. C’est maintenant une paire de larges mains qui les couvre et les agace, toutefois avec l’attention de ne point les blesser… Qui verrait après l’affaire les traces mousseuses qui souillent le bord de ce pauvre lit croirait que dix victimes ont été, coup sur coup, immolées à la même place.

Lecteur, cet athlète gigantesque, ci-devant abbé de l’ordre de Saint-Bernard et neveu d’un digne oncle dont la petite comtesse peut et doit conserver de charmants souvenirs, cet ex-moine, ce Goliath de Lampsaque, était alors capitaine de la garde na-